Ces dernières années ont vu émerger de nouvelles cibles thérapeutiques dans le traitement de la maladie de Crohn, notamment les anti IL-23 qui ont montré des résultats très prometteurs dans les essais de phase 2, notamment chez les patients en échec de plusieurs biothérapies.
Les études de phase 3 ADVANCE et MOTIVATE ont montré l’efficacité du risankizumab, un anti IL-23 sélectif sur la sous unité p19 en intraveineux comme traitement d’induction dans la maladie de Crohn modérée à sévère.
L’étude FORTIFY, essai de phase 3 multicentrique international randomisé en double aveugle, a inclus les patients répondeurs au risankizumab en intraveineux à S12 des essais ADVANCE et MOTIVATE pour évaluer son efficacité en entretien par voie sous cutanée (SC). Pour cela, l’essai comporte 3 bras, un bras risankizumab SC 360 mg toutes les 8 semaines, un bras SC 180 mg toutes les 8 semaines, et un bras placebo.
Le critère de jugement principal était un critère combiné associant la rémission clinique évaluée par le score CDAI, la fréquence des selles et douleurs abdominales, ainsi que la réponse endoscopique à la semaine 52 (diminution > 50 % du score SES-CD).
542 patients ont été inclus entre avril 2018 et avril 2020, 179 dans chaque groupe risankizumab 180mg et 360 mg, et 184 dans le groupe placebo. 73 % des patients inclus étaient en échec ou intolérants d’au moins une biothérapie, 40 % d’au moins deux biothérapies et 15 % de l’ustekinumab. A la semaine 52, on retrouvait un meilleur taux de rémission clinique (52 % vs 41 %, p=0,005) et de réponse endoscopique (48 % vs 22 %, p<0,001) dans le groupe risankizumab 360 mg versus placebo, avec une différence après ajustement de rémission clinique de 15 % et de réponse endoscopique de 28 %. Les résultats étaient également significatifs avec le risankizumab 180 mg (différence de rémission clinique de 15 % et de réponse endoscopique de 26 %). Les résultats étaient meilleurs chez les patients bionaïfs par rapport aux patients déjà traités par biothérapie. Le risankizumab en entretien était bien toléré, les effets secondaires étaient similaires entre les 3 groupes.
En conclusion, le risankizumab confirme son efficacité en traitement d’entretien par voie SC chez les patients ayant répondu à la phase d’induction, sur la rémission clinique et la réponse endoscopique chez les patients atteints de maladie de Crohn modérée à sévère, notamment en échec de biothérapie.