Le sémaglutide, le futur traitement de la NASH ?
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Recherche clinique

Impact patient

Impact soin
Moyen

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur lointain

Rédacteur
Docteur Jean-charles NAULT

Enthousiasme

À la une 08/04/2021

Le sémaglutide, le futur traitement de la NASH ?

Cette étude internationale randomisée de phase 2 a comparé chez 320 patients ayant une NASH et une fibrose hépatique classée F1, F2 ou F3 un traitement sous cutané par sémaglutide (un agoniste du récepteur GLP1) journalier de 0.1 mg (n=80), 0.2 mg (n=78) ou 0.4 mg (n=82) versus un placebo (n=80). 230 patients avaient une fibrose hépatique classée F2 et F3.

 

Le critère de jugement principal était la disparition de la NASH sans aggravation de la fibrose hépatique sur une biopsie hépatique effectuée après 72 semaines de traitement : 40 % (0.1 mg), 36 % (0.2 mg), 59 % (0.4 mg) versus 17 % dans le groupe placebo (P<0.0001). A l’inverse, aucune différence significative entre les groupes n’était observée en terme d’absence de progression de fibrose (sans aggravation de la NASH) : 49 % (0.1 mg), 32 % (0.2 mg), 43 % (0.4 mg) versus 33 % pour le placebo. La perte de poids était plus importante dans le groupe sémaglutide 0.4 mg (13 %) que dans le groupe placebo (0 %). Les effets secondaires étaient plus fréquents dans le groupe sémaglutide 0.4 mg/jour avec des nausées, vomissements et constipation. A noter que 3 patients ont développés un cancer dans le groupe sémaglutide versus aucun patient dans le groupe placebo et 3 patients ont développés un effet secondaire cardiovasculaire dans le groupe sémaglutide versus aucun patient dans le groupe placebo.

Commentaires
 

Actuellement le traitement de la NASH reste les règles hygiéno-diététiques et l’exercice physique afin de perdre du poids et contrôler les éléments du syndrome métabolique sans qu’un médicament ne soit validé dans cette indication.

 

Cet essai randomisé de phase 2 montre un bénéfice significatif du sémaglutide sur l’objectif principal (résolution de la NASH sans progression de la fibrose hépatique). En pratique clinique, traiter un malade avec une NASH par sémaglutide pour son indication actuelle, le diabète de type 2, parait raisonnable. Néanmoins, plusieurs points nécessitent d’être résolus avant de généraliser ce traitement a tous les patients atteints de NASH. Premièrement, ces résultats méritent d’être validés dans une étude de phase 3 de plus grande ampleur. Le critère de jugement principal ne préjuge pas de la diminution de la progression vers la cirrhose après plusieurs années d’utilisation. En ce sens, il n’y avait pas de différences significatives entre les groupes en terme d’absence de progression de fibrose sans résolution de la NASH. Il est aussi nécessaire d’identifier un groupe de patients à risque de progression de l’hépatopathie du fait du grand nombre de patients atteints de NAFLD dans les pays occidentaux. Enfin, plus de données sur la tolérance à long terme sont nécessaires car il existait plus de tumeurs et de complications cardiovasculaires dans le bras sémaglutide même si leurs faibles nombres ne permettaient pas de porter de conclusions définitives sur ce sujet.

Références
 
Titre :

Le sémaglutide, le futur traitement de la NASH ?

Titre original :

A Placebo-Controlled Trial of Subcutaneous Semaglutide in Nonalcoholic Steatohepatitis

Auteurs :

P.N. Newsome, K. Buchholtz, K. Cusi, M. Linder, T. Okanoue, V. Ratziu, A.J. Sanyal, A.-S. Sejling, and S.A. Harrison, for the NN9931-4296 Investigators

Source(s) :

Article

Revue :

New England Journal of Medicine

Références biblio. :

NEJM 2020 Nov 13. doi: 10.1056/NEJMoa2028395.

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