Le pembrolizumab : sur la voie d’un nouveau standard en deuxième ligne des cancers de l’œsophage
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Non validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Astrid LIÈVRE

Enthousiasme

À la une 03/09/2021

Le pembrolizumab : sur la voie d’un nouveau standard en deuxième ligne des cancers de l’œsophage

Cette étude de phase III internationale, KEYNOTE-181, a comparé l’anticorps anti-PD1 pembrolizumab à une monochimiothérapie à base de taxane (paclitaxel ou docetaxel) ou irinotecan (au choix de l’investigateur) chez 628 patients ayant un cancer avancé de l'œsophage (401 carcinomes épidermoïdes et 227 adénocarcinomes) progressif après une première ligne de chimiothérapie.


L'objectif principal était triple : démontrer une amélioration de la survie globale avec le pembolizumab chez :

1) les patients ayant une tumeur surexprimant PD-L1 en immunohistochimie avec un CPS (combined positive score) ≥ 10 ;

2) les patients avec carcinome épidermoïde ;

3) dans la population globale en intention de traiter (ITT). 

 

L’étude est positive pour deux des co-objectifs principaux avec un avantage significatif du pembrolizumab en survie globale en cas de CPS ≥ 10 (n=222) (médiane de 9,3 mois vs 6,7 mois; HR 0,67; IC95%: 0,50-0,89; p < 0,00529) et pour les carcinomes épidermoïdes (8,2 mois vs 7,1 mois; HR 0,75; IC95%: 0,61-0,93; p< 0,0035), tandis qu'il n'y avait pas de différence significative chez l'ensemble de la population en ITT (7,1 mois vs 7,1 mois). Un bénéfice en survie sans progression était également observé dans le groupe de patients avec CPS ≥ 10 (HR 0,73 ; IC95% : 0,54-0,97). Enfin, le taux de réponse objective était amélioré avec l’immunothérapie chez les patients avec CPS ≥10 (21,5 % vs 6,1 %) et chez ceux avec carcinome épidermoïde (16,7 % vs 7,4 %). Le profil de tolérance, comme attendu, était plus favorable côté immunothérapie, avec un taux de toxicité de grade 3-4 de 18 % vs 41 % avec la chimiothérapie cytotoxique.

 

Commentaires
 

Chez les patients ayant carcinome épidermoïde de l'œsophage avancé, il n'existe aucun traitement standard validé au-delà de la première ligne à base de sel de platine.


Les résultats de cette étude viennent corroborer ceux d’une autre étude de phase III, essentiellement asiatique, l’étude ATTRACTION-3, montrant la supériorité du nivolumab, autre anticorps anti-PD1, par rapport à une chimiothérapie à base de taxane après échec d'une chimiothérapie à base de fluoropyrimidine + platine chez 419 patients ayant un carcinome épidermoïde de l'œsophage avancé (Kato K et al. Lancet Oncol. 2019 ; 20:1506-1517). 


Dans cette indication de deuxième ligne le pembrolizumab apparaît donc comme le traitement de référence des cancers œsophagiens de type épidermoïde ou avec score CPS ≥ 10. Cette molécule a d’ores et déjà obtenu l'AMM aux Etats-Unis en juillet 2019 en 2ème ligne thérapeutique des cancers de l'œsophage (quel que soit l'histologie) surexprimant PD-L1 en immunohistochimie (CPS≥10), mais n’a toujours pas l’AMM en Europe.


Il faut toutefois signaler que, compte tenu des résultats positifs de l’étude KEYNOTE-590 présentés au dernier congrès de l’ESMO 2020, le pembrolizumab devrait avoir sa place prochainement dès la première ligne où il a montré un bénéfice en association à la chimiothérapie (5FU-cisplatine) par rapport à la chimiothérapie seule, au moins pour les carcinomes épidermoïdes (Kato K et al.ESMO 2020, Abs # LBA8).

Références
 
Titre :

Le pembrolizumab : sur la voie d’un nouveau standard en deuxième ligne des cancers de l’œsophage

Titre original :

Randomized Phase III KEYNOTE-181 Study of Pembrolizumab Versus Chemotherapy in Advanced Esophageal Cancer

Auteurs :

Kojima T, Shah MA, Muro K, François E, Adenis A, Hsu CH, Doi T, Moriwaki T, Kim SB, Lee SH, Bennouna J, Kato K, Shen L, Enzinger P, Qin SK, Ferreira P, Chen J, Girotto G, de la Fouchardière C, Senellart H, Al-Rajabi R, Lordick F, Wang R, Suryawanshi S, Bhagia P, Kang SP, Metges JP; KEYNOTE-181 Investigators.

Source(s) :

Article

Revue :

Journal of Clinical Oncology

Références biblio. :

J Clin Oncol. 2020 Dec 10;38(35):4138-4148

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