Le nivolumab : enfin un traitement adjuvant efficace chez les patients réséqués d’un cancer de l’œsophage !
Société Savante des Maladies et Cancers de l'Appareil Digestif

Domaine concerné
Thérapeutique

Degré d'innovation
Important

Avancement
Non validé

Impact patient

Impact soin
Important

Intérêt

Arrivée dans la pratique
Futur proche

Rédacteur
Professeur Astrid LIÈVRE

Enthousiasme

À la une 10/06/2021

Le nivolumab : enfin un traitement adjuvant efficace chez les patients réséqués d’un cancer de l’œsophage !

Cet essai international de phase III a évalué l’intérêt d’une immunothérapie par l’anticorps anti-PD1 nivolumab versus placebo après résection R0 d’un cancer de l’œsophage chez des patients ayant reçu une radiochimiothérapie (RCT) néoadjuvante et présentant un résidu tumoral sur la pièce opératoire.

 

Au total, 794 patients ont été randomisés selon un ratio 2:1 pour recevoir du nivolumab (240 mg toutes les 2 semaines pendant 4 mois puis 480 mg toutes les 4 semaines pendant 8 mois) ou un placebo. L’étude a inclus une majorité d’adénocarcinomes (71 %) et la tumeur était localisée au niveau de l’œsophage et de la jonction œso-gastrique (JOG) dans 60 % et 40 % des cas respectivement.


L’étude est positive pour son objectif principal, la survie sans maladie, significativement améliorée dans le bras nivolumab par rapport au placebo (médiane de 22,4 mois vs 11,0 mois ; HR = 0,69 ; IC95% : 0,56-0,86 ; p< 0,0003). Ce bénéfice était observé dans tous les sous-groupes, notamment quel que soit l’histologie, l’envahissement ganglionnaire et l’expression de PD-L1. La médiane de survie sans récidive métastatique était également en faveur du nivolumab (28,3 mois vs 17,6 mois ; HR = 0,74 ; IC95% : 0,60-0,92). Le taux de récidive métastatique était, en effet, diminué avec l’immunothérapie (29 % vs 39 %) ainsi que le taux de récidive locorégionale (12 % vs 17 %).  Enfin, le profil de tolérance du nivolumab était, comme attendu, tout à fait acceptable avec seulement 13 % d’effets secondaires sévères de grade 3-4 attribués à l’immunothérapie contre 6 % dans le bras placebo et une qualité de vie similaire dans les deux bras.

 

Commentaires
 

Quelques données complémentaires ont été communiqués au dernier congrès de l’ASCO, concernant notamment la survie sans progression 2, correspondant au temps entre la randomisation et la progression après le premier traitement systémique ultérieur à l’étude ou le décès, également allongée avec le nivolumab (médiane non atteinte vs 32, 1 mois ; HR = 0,77 ; IC95% : 0,60-0,99). Ceci suggère qu’après la récidive, l’utilisation d’un traitement systémique ultérieur, pourtant plus fréquent dans le bras placebo (42 % vs 30 %), ne permet pas de « rattraper » la perte de chance liée à l’absence de traitement adjuvant.

 

Ces données imposent le nivolumab comme le traitement de référence en situation adjuvante chez les patients opérés d’un cancer de l’œsophage avec maladie histologique résiduelle et ayant reçu une RCT néoadjuvante. Il vient d’être approuvé par la FDA aux Etats-Unis et une demande d’AMM européenne auprès de l’EMA est en cours dans cette indication.

Références
 
Titre :

Le nivolumab : enfin un traitement adjuvant efficace chez les patients réséqués d’un cancer de l’œsophage !

Titre original :

Adjuvant Nivolumab in Resected Esophageal or Gastroesophageal Junction Cancer

Auteurs :

Kelly RJ, Ajani JA, Kuzdzal J, Zander T, Van Cutsem E, Piessen G, Mendez G, Feliciano J, Motoyama S, Lièvre A, Uronis H, Elimova E, Grootscholten C, Geboes K, Zafar S, Snow S, Ko AH, Feeney K, Schenker M, Kocon P, Zhang J, Zhu L, Lei M, Singh P, Kondo K, Cleary JM, Moehler M; CheckMate 577 Investigators

Source(s) :

Article

Revue :

New England Journal of Medicine

Références biblio. :

N Engl J Med. 2021 Apr 1;384(13):1191-1203. DOI: 10.1056/NEJMoa2032125

Liens utiles
NEJM : accès au texte intégral via rubrique Revues en ligne du site SNFGE pour membres SNFGE à jour de cotisations
   
SNFGE.org