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CO.157 - Surveillance après résection de polype colique à haut risque et suivi des recommandations : étude observationnelle multicentrique à partir du Registre des polypes de Côte-d’Or

Y. Dahel, V. Cottet, L. Granconato, I. Dasseux, C. Lepage, S. Manfredi, T. Degand

Introduction

La détection des polypes permet d'envisager la prévention secondaire du cancer colorectal. Depuis 2013, les recommandations de la Haute Autorité de Santé préconisent une coloscopie de surveillance après résection de polype colique à haut risque, PHR (³ 1cm, adénome en dysplasie de haut grade, adénome festonné en dysplasie, ³ 3 adénomes). En particulier, une coloscopie à 3 ans est indiquée en cas de résection d’un PHR en un seul bloc, à 3 mois en cas de préparation insuffisante, de polypectomie piecemeal ou de coloscopie incomplète. Pour améliorer l’observance des patients, la Société Française d’Endoscopie Digestive recommande que ces consignes soient inscrites dans le compte rendu de coloscopie. L’adhésion à ces recommandations n’a jamais été étudiée.

 

Notre objectif était de décrire les pratiques et l’observance des patients en termes de surveillance après résection d’un polype à haut risque dans un département couvert par un registre de population. 

Matériels et méthodes

Ce projet s'appuie sur le seul Registre de population qui recueille tous les cas de polypes et de cancers colorectaux diagnostiqués sur l'ensemble d'un département. Tous les résidents de Côte-d’Or ayant bénéficié d’une résection de PHR entre le 1er juillet 2014 et le 31 juin 2015 ont été inclus. Les exclusions concernaient : les patients mineurs, les antécédents personnels de lésions colorectales, un diagnostic de cancer colorectal synchrone, HNPCC, Lynch, Crohn et polypose familiale. En plus des caractéristiques des patients, des coloscopies et des polypes, l’ensemble des comptes rendus et courriers ont été examinés. Les patients ont été suivis jusqu’en septembre 2018 pour collecter les informations sur la surveillance coloscopique.

Résultats

Au total, 408 patients ont été inclus, 249 hommes (61,0%) et 159 femmes (39,0%), d’âge moyen 66 ans (±12ans). Dans 80,4% des cas, une surveillance à 3 ans était requise par les recommandations en vigueur, dans 19,6% des cas une surveillance à 3 mois. 

Pour 39,7% des patients (n=162), les consignes de surveillance dans le dossier médical étaient en accord avec les recommandations, dans 14,7% des dossiers (n=60) aucune consigne n’étaient présentes et pour 45,6% (n=186) les consignes ne suivaient pas les recommandations : pour 31,4% (n=128) le délai de surveillance était trop long, 4,9% (n=20) le délai était trop court et inadapté pour 9,3% des cas (n=38). En cas de préparation colique insuffisante, seulement 19,8% des patients ont reçu une information adéquate.

Quand la consigne de surveillance était retranscrite dans le dossier médical, elle était présente à 48.6 % dans le compte rendu de coloscopie, à 51.4% dans le compte rendu au médecin traitant et à 31.0% dans le compte rendu suivant les résultats anatomopathologiques. 

Parmi les 156 patients (38,2%) ayant réalisé leur coloscopie de surveillance, 129 (82,7%) avaient reçu une consigne de surveillance écrite. D’autre part, 43,8% des patients ayant reçu des consignes de suivi en accord avec les recommandations, ont effectivement réalisé leur coloscopie de surveillance, et l’examen était réalisé dans le délai recommandé pour 82,7% d’entre eux.

Discussion

Conclusion

Dans notre étude, l’adhésion aux recommandations de surveillance après résection de PHR est faible. Une trace écrite des consignes de surveillance n’est pas retrouvée dans 15% des cas. En revanche, lorsque les consignes sont précisées, l’adhésion du patient à la surveillance est élevée. Nous devrions insister sur l’information écrite des patients quant aux délais de surveillance coloscopique afin d’améliorer leur observance et espérer diminuer le risque de survenue d’un cancer colorectal après résection d’un polype à haut risque.

Remerciements