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CO.013 - Stéatopathies hépatiques non alcooliques (NAFLD) : perception, sévérité et prise en charge par des hépato-gastroentérologues français (étude PERSEPT)

I. Rosa, S. Dharancy, B. Hanslik, E.A. Pariente

Introduction

La perception, les caractéristiques et la prise en charge des malades atteints de NAFLD vus actuellement par des hépatogastroentérologues (HGE) français sont mal connues. Les buts de PERSEPT étaient de les définir, en fonction du type de la maladie, à partir d’un large échantillon recueilli au début de l’année 2020.

Patients et Methodes

PERSEPT est une enquête nationale observationnelle rétrospective avec recueil de données issues du dossier du patient. Un échantillon de 75 HGE répartis sur l’ensemble de la métropole, exerçant une activité hospitalière, libérale ou mixte et déclarant voir au moins 10 patients NAFLD au cours d’un mois type, a été recruté. Un questionnaire de pratique a permis de recueillir la perception des médecins sur la prise en charge des NAFLD et un questionnaire patient a permis de recueillir les principales caractéristiques socio-démographiques et clinico-biologiques des patients, Le protocole de l’enquête prévoyait l’inclusion des 10 premiers patients diagnostiqués avec une NAFLD vus en consultation en février 2020.

Résultats

Opinions et pratiques des médecins : Le diagnostic de stéatose métabolique (NAFL) était jugé facile par la quasi-totalité des médecins, mais celui de stéato-hépatite non alcoolique (NASH) difficile par 38% d’entre eux. La prise en charge était jugée, respectivement pour NAFL et NASH, comme un défi pour 69%/85%, complexe pour 48%/72%, chronophage pour 60%/71% et frustrante pour 54%/59%. Les traitements disponibles étaient jugés insatisfaisants pour 79% en cas de NAFL et 94% en cas de NASH. Une élastométrie et une biopsie hépatique étaient indiqués pour 71% et 12% des médecins en cas de suspicion de NAFL et pour 87% et 60% en cas de NASH. Les motifs de réalisation d’une biopsie étaient la suspicion de fibrose avancée (59%), de NASH (33%), une élévation des enzymes (21%), un diagnostic difficile (21%). La proportion estimée de malades refusant la biopsie était de 31%.

Caractéristiques des malades : Parmi les 686 malades inclus, 202 (29%) étaient considérés atteints de NAFL et 476 (70%) de NASH. Le diagnostic de NASH n’était confirmé par ponction-biopsie hépatique que dans 24% des cas.

En cas de NASH (par rapport à la NAFL), l’âge était plus élevé (57 vs 55 ans), le sex-ratio (43% femmes) et la consommation moyenne d’alcool (5,2 g/j) identiques ; l’IMC était un peu plus élevé (30,7 vs 29,9 kg/m2), ainsi que le tour de taille des femmes ; un diabète de type 2 était plus fréquent (50% vs 31%), la fréquence des autres éléments du syndrome métabolique et de l’apnée du sommeil était similaires. Les transaminases ALAT étaient normales chez 35% vs 69%. La fibrose avait été estimée chez 609 (89%) des malades ; une élastométrie avait été faite chez 71% des malades (75% des NASH et 62% des NAFL), un FIB-4 était calculable chez 87% des malades, un NAFLDF Score chez 58%. En cas de NASH la fibrose était minime ou absente chez 39% vs 67% et modérée à sévère chez 54% vs 13% dont 19% vs 4% de cirrhoses (décompensée chez 4% vs 1%). Des varices œsophagiennes étaient plus fréquentes (8% vs 3%); une ascite (3% vs 1%), une hémorragie digestive (1% vs 1%), un carcinome hépatocellulaire (3% vs 1%) étaient rares. Un traitement spécifique était prescrit chez 26% en cas de NASH et 15% en cas de NAFL.

Discussion

Conclusion

La prise en charge des NAFLD est jugée complexe et frustrante par une majorité d’HGE, plus souvent en cas de stéato-hépatite que de stéatose simple, et les traitements disponibles considérés comme insatisfaisants. La pratique de la biopsie hépatique est faible, et celle de l’élastométrie n’est pas systématique. Plus des 2/3 des malades étaient diagnostiqués comme atteints de stéato-hépatite, dont plus de la moitié avait une fibrose jugée modérée à sévère et près de 20% une cirrhose. Seuls 15 à 25% des malades atteints de NAFLD recevaient un traitement spécifique.

Remerciements

Cette étude a été financée par le laboratoire Intercept France et pilotée par Kantar Health.