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CO.084 - Rémission histologique et cicatrisation muqueuse dans une étude de phase II randomisée et contrôlée versus placebo évaluant l’etrasimod chez des patients atteints de rectocolite hémorragique modérée à sévère

L. Peyrin-Biroulet, J. Panes, M. Chiorean, J. Zhang, S. Vermeire, V. Jairath, A. Yarur, C.H. Cabell, S. Naik, W.J. Sandborn

Introduction

Etrasimod (APD334), un modulateur sélectif du récepteur de la sphingosine-1-phosphate, administré par voie orale, a été évalué au cours d’une étude de phase II randomisée, en double aveugle, contrôlée versus placebo (Code d’identification ClinicalTrials.gov : NCT02447302) chez des patients atteints de rectocolite hémorragique (RCH) modérée à sévère. L’etrasimod a démontré une efficacité dose-dépendante de la réponse clinique, de la rémission clinique, de l’aspect endoscopique, ainsi qu’une diminution des lymphocytes circulants. Les résultats de la rémission histologique et la cicatrisation muqueuse à la semaine 12 sont rapportés ici.

Matériels et méthodes

Les patients ont été randomisés pour recevoir une dose quotidienne d’etrasimod 1 mg (n=52) ou 2 mg (n=50), sans titration de la dose, ou un placebo (n=54). À l’inclusion et à la semaine 12, la  sévérité endoscopique a été mesurée par sigmoïdoscopie avec des lectures centralisées utilisant le sous-score endoscopique Mayo. Des biopsies ont été effectuées et les résultats histologiques ont été évalués en aveugle, à l’aide de l’indice de Geboes. Les critères d’évaluation prédéfinis étaient l’amélioration endoscopique (sous-score endoscopique Mayo de 0 ou 1), l’amélioration histologique (score Geboes <3,1) et la rémission histologique (score Geboes <2,0). La cicatrisation muqueuse (en analyse post hoc) a été définie comme étant à la fois une amélioration endoscopique et une rémission histologique. Des différences entre les groupes ont été mises en évidence grâce à une analyse Mantel-Haenszel ajustée en fonction de l’utilisation de corticostéroïdes à l’inclusion et de l’utilisation antérieure d’anti-TNF alpha.

Résultats

Sur 156 patients randomisés, 90 % ont terminé l’étude. Par rapport au placebo, un nombre significativement plus élevé de patients recevant etrasimod 2 mg a obtenu une amélioration endoscopique (43,2 % contre 16,3 %, respectivement ; P=0,003), une amélioration histologique (31,7 % contre 10,2 % ; P=0,006) et une rémission histologique (19,5 % contre 6,1 % ; P=0,027) à la semaine 12 (Tableau). Une cicatrisation  muqueuse a été observée chez respectivement 19,5 % et 4,1 % des patients traités avec 2 mg d’etrasimod et le placebo (P=0,010). Les résultats n’étaient pas statistiquement significatifs entre etrasimod 1 mg et placebo, mais il existe une différence numérique en faveur de l’etrasimod 1 mg.

Discussion

Conclusion

Etrasimod 2 mg a induit des taux significativement plus élevés d’amélioration endoscopique, histologique, de rémission, et de cicatrisation muqueuse par rapport au placebo chez des patients présentant une RCH modérée à sévère. La cicatrisation muqueuse pourrait s’avérer être une mesure réalisable et objective pour évaluer l’efficacité de ce médicament en  traitement d’induction dans la RCH.

Remerciements