JFHOD

CO.146 - Intensification de la chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) dans le cancer colorectal métastatique

V. Randrian, S. Pernot, B. Sionneau, D. Smith, A. Lim, Y. Touchefeu, C. Gallois, M. Hebbar, S. Javed, R. Guimbaud, P. Rivera, E. Auclin, J. Taïeb

Introduction

La chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) est une option de traitement pour les patients atteints de cancer colorectal avec métastases hépatiques. Le plus souvent l’oxaliplatine intra-artériel (OX-IA) est utilisé mais un essai de phase II a montré que le FOLFIRINOX intra-artériel (FOLFIRINOX-IA) permet une chirurgie chez 30% des patients réfractaires au traitement intraveineux (IV). Nous rapportons ici pour la première fois des données, provenant d’une large cohorte de patients traités par CIAH, en comparant FOLFIRINOX-IA et l’OX-IA.

Patients et Methodes

Les patients recevant de la CIAH pour métastases hépatiques de cancer colorectaux ont été inclus rétrospectivement entre 2008 et 2019 dans six centres experts.

Résultats

Les données de 273 patients traités par au moins une ligne de chimiothérapie IV antérieure ont été collectées. 57,1% d’entre eux avaient reçu deux lignes ou plus de traitement antérieur, 85% avaient déjà reçu de l’Oxaliplatine, 85% avaient déjà reçu de l’Irinotécan et 63,6% avaient déjà reçu un anti-angiogénique. Le traitement intra-artériel était combiné à un traitement IV chez 80% des patients sous FOLFIRINOX-IA (n = 52) et 99,1% des patients sous OX-IA (n = 221). Des métastases extra-hépatiques étaient présentes chez 19.6% des patients sous FOLFIRINOX-IA et 33.3% des patients sous OX-IA (p = 0,061). Le taux de réponse objective était 43.2% chez les patients sous FOLFIRINOX-IA et 45.9% chez les patients sous OX-IA. La médiane de survie globale (SG) était 15 mois (IC95%: 23,9-28,2) dans le groupe FOLFIRINOX-IA et 19,4 dans le groupe OX-IA (IC95%: 26,2-34,4) et les médianes de survie sans progression (SSP) de 5 (IC95%: 5,92-10,32) et 6  mois (IC95%:6,4-7,7) respectivement. Après FOLFIRINOX IA, 35,6% des patients ont bénéficié d’une résection hépatique secondaire des patients dont 56,2% en 2ème ligne de traitement. Après OX-IA, 16,7% des patients (p = 0,007) ont bénéficié d’une résection hépatique secondaire, dont 67.6% en 2ème ligne de traitement. Le type de traitement IA, l’état général, le nombre de lignes de traitements antérieures et les paramètres biologiques n’impactaient pas la SG en analyse multivariée. Seules la maladie uniquement hépatique (HR:0,4; IC95% 0,20-0,83; p = 0.013) et les complications locales de cathéter IA (HR:3,8; IC95%1,6-9,0; p = 0,002) étaient pronostiques de la SG. Les neutropénies de grade 2 et plus (45% vs. 22,5% ; p = 0.015), les diarrhées grade 2 et plus (34.8% vs. 14.9% ; p = 0.015) et les complications vasculaires (34,9% vs 17,9%; p = 0,014) étaient significativement plus fréquentes dans le groupe FOLFIRINOX-IA.

Discussion

Conclusion

Cette large cohorte rétrospective confirme l’efficacité de la CIAH chez les patients avec métastases hépatiques de cancer colorectal permettant des survies globales de 15 à 20 mois chez des patients souvent lourdement prétraités. Le FOLFIRINOX-IA est une option plus toxique que l’OX-IA, sans impact sur la SG ni la SSP, mais avec un taux plus élevé de résections hépatiques secondaires.

Remerciements