JFHOD

CO.136 - Impact de la radiothérapie abdominale ou pelvienne sur l’activité d’une maladie inflammatoire chronique intestinale : une étude de cohorte multicentrique du GETAID

D. Broussard, P. Rivière, J. Bonnet, G. Fotsing, A. Amiot, L. Peyrin-Biroulet, S. Rajca, A. Buisson, C. Gilletta de Saint-Joseph, A.L. Pelletier, M. Serrero, G. Bouguen, R. Altwegg, X. Hébuterne, S. Nancey, M. Fumery, G. Cadiot, S. Nahon, J.F. Rahier, J.M. Gornet, V. Vendrely, D. Laharie

Introduction

La radiothérapie abdominale ou pelvienne chez les patients atteints de maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) soulève des préoccupations concernant le risque d'aggravation de la maladie sous-jacente. Notre étude visait à évaluer l'impact de la radiothérapie sur l’activité des MICI.

Patients et Methodes

Une étude rétrospective multicentrique comprenant des patients atteints de MICI exposés à une irradiation abdominale ou pelvienne a été menée, relevant l'activité des MICI par semestre avant (de S-4 à S-1) et après (de S + 1 à S + 6) la radiothérapie et les poussées de MICI pendant le suivi. Les objectifs étaient de comparer les taux d'activité des MICI avant et après la radiothérapie abdominale ou pelvienne, les taux de survie sans poussée et les facteurs associés à la poussée après radiothérapie chez les patients atteints de MICI.

Résultats

Soixante et un patients (32 femmes, âge moyen 59 ans), correspondant à 467 semestres, traités pour des cancers digestifs (n = 31), des voies urinaires (n = 23) et gynécologiques (n = 7) ont été inclus. Les taux d'activité des MICI par semestre étaient respectivement de 21% (IC95% 16-27) de S-4 à S-1; 12% (IC95% 7-19) de S + 1 à S + 3 (p = 0,15 vs S-4 à S-1) et 16% (IC95% 10-25) de S + 4 à S + 6 (p = 0,45 vs S-4 à S-1). Avec un suivi médian de 36 mois (19-84), les taux de survie sans poussée de MICI à 1 et 3 ans après la radiothérapie étaient de 82,5% (IC95% 73,2-93,0) et 70,6% (IC95% 58,8-84,7). Une toxicité intestinale aiguë modérée à sévère induite par la radiothérapie et le cancer des voies urinaires étaient indépendamment associés à un risque accru de poussée de MICI.

Discussion

Conclusion

La majorité des patients atteints d'une MICI non active peuvent être traités en toute sécurité par radiothérapie abdominale ou pelvienne. Les patients présentant une toxicité intestinale aiguë radio-induite modérée à sévère ou un cancer des voies urinaires doivent être surveillés de plus près dans la période post-radiothérapie.

Remerciements