JFHOD

CO.054 - Évaluation de la fiabilité du diagnostic d’instabilité microsatellite et de déficience du système de réparation de l’ADN sur biopsies endoscopiques d’adénocarcinome œso-gastrique

N. Asesio, J. Bonnereau, F. Bouhidel, J. Lehmann-Che, R. Kaci, P. Bertheau, M.L. Tran-Minh, J.M. Gornet, M. Allez, T. Aparicio

Introduction

L’instabilité microsatellite (MSI), conséquence d’une déficience du système de réparation des mésappariements de l’ADN (dMMR), est un facteur pronostic favorable et est associé à une moins bonne efficacité de la chimiothérapie préopératoire dans l'adénocarcinome (ADK) gastrique. L’instabilité microsatellite est aussi un biomarqueur prédictif de l’efficacité de l’immunothérapie. Cependant, aucune étude n’a évalué les performances diagnostiques des biopsies gastriques pré-thérapeutiques pour la détermination du statut dMMR/MSI.  Cette étude avait pour objectifs d’étudier la fiabilité de la détermination du statut dMMR/MSI sur biopsies diagnostiques (BD), en comparaison à celle sur pièce opératoire (PO), et d’évaluer l’influence de la chimiothérapie préopératoire sur ce statut.

Patients et Methodes

Les échantillons tumoraux couplés de BD et de PO de patients pris en charge pour un ADK œsogastrique ont été collectés rétrospectivement entre 2009 et 2019. Nous avons comparé les résultats du statut dMMR obtenu par immunohistochimie (IHC) et du statut MSI par PCR entre BD et PO correspondantes. Les performances diagnostiques des BD pour l’évaluation du statut dMMR/MSI et la concordance des résultats de l’IHC et de la PCR entre BD et PO correspondantes ont été évaluées. La concordance du statut dMMR/MSI entre BD pré-thérapeutiques et PO a été observée en fonction de la réalisation ou non d’une chimiothérapie (CT) néo-adjuvante.

Résultats

Nous avons inclus 50 patients. Les résultats de la PCR et de l’IHC ont pu être comparés pour respectivement 49 et 47 patients. Sur PO, 12,3 % (6/49) des tumeurs étaient MSI. En comparaison aux résultats sur PO, la sensibilité et la spécificité des BD pour la détermination du statut MSI/dMMR étaient respectivement de 83 et 100 % pour la PCR et de 86 et 83 % pour l’IHC. Le taux de concordance était de 98 % (48/49) pour la PCR vs. 83 % (39/47) pour l’IHC. Entre IHC et PCR, ce taux était de 84 % sur BD vs. 98 % sur PO. Sept ADK étaient dMMR en IHC sur BD (marquage négatif de PMS2 pour 6 ADK et de MLH1/PMS2 pour 1 ADK), pMMR sur PO et MSS par PCR. Aucune discordance des résultats n’était attribuable à la CT néo-adjuvante.  

Discussion

Conclusion

Les performances diagnostiques de l’IHC pour la détermination du statut dMMR/MSI sur BD semblent insuffisantes. Sur BD, la PCR permettrait l’identification d’ADK œsogastriques dMMR/MSI avec une meilleure exactitude et une meilleure spécificité que l’IHC.  Une confirmation du statut MSI par PCR paraîtrait indispensable en cas de statut dMMR en IHC sur BD, notamment en cas de perte d’expression de MLH1 et/ou PMS2, et ceci avant de prendre une décision d’abstention de CT préopératoire.  La CT préopératoire ne semble pas entraîner de modification du statut MSI ni de survenue de perte d’expression des protéines du système de réparation de l’ADN.

Remerciements