JFHOD

CO.086 - Efficacité et tolérance du tofacitinib chez les patients hospitalisés pour une poussée sévère de rectocolite hémorragique

M. Uzzan, D. Laharie, A. Amiot, S. Viennot, M. Nachury, R. Altwegg, L. Peyrin-Biroulet, C. Stefanescu, Y. Bouhnik

Introduction

Le tofacitinib est un inhibiteur de JAK, d’administration orale, récemment mis à disposition dans le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH) active modérée à sévère en cas d’échec ou d’intolérance à un traitement par anti-TNF. Il s’agit d’une petite molécule d’action rapide qui pourrait être envisagée en situation d’urgence thérapeutique telle que les formes sévères de RCH hospitalisées. Plusieurs cas cliniques de succès du tofacitinib dans cette indication ont été rapportés. L’objectif de notre étude était d’évaluer à plus large échelle l’efficacité et la tolérance du tofacitinib chez des patients hospitalisés pour une poussée sévère de RCH.

Patients et Methodes

Nous avons mené une étude rétrospective observationnelle multicentrique. Tous les patients hospitalisés pour une poussée sévère de RCH et ayant reçu du tofacitinib en cours d’hospitalisation dans un des centres du GETAID depuis le 1er Janvier 2017 ont été inclus. Le critère principal de jugement était la survie sans colectomie. La rémission clinique à la semaine 6 était définie par un Mayo partiel ≤ 2 sans aucun sous score > 1. La réponse clinique était définie comme une baisse d’au moins 30% du score de Mayo partiel après initiation du tofacitinib.

Résultats

Vingt-six patients ont été inclus par 7 centres. Tous les patients avaient déjà été exposés à au moins un anti-TNF, et avaient reçu une médiane de 3,5 lignes (interquartile (IQ) [3-4]) de biothérapie. A J0 de tofacitinib, les médianes du score de Lichtiger et de la CRP étaient respectivement de 13 (IQ[10,5-15]), et de 42,8 mg/l (IQ[14,5-92,9]). Avec un suivi médian de 6,5 mois (IQ[3,7-9,8]), 7 (27 %) patients ont eu une colectomie. La survie sans colectomie était estimée à 83,9 % (intervalle de confiance à 95% (IC95) 70,7-99,7) à 3 mois et à 73,8 % (IC95 57,6-94,7) à 6 mois (Figure 1).

La survie sans arrêt de tofacitinib était estimée à 72,7% % (intervalle de confiance à 95% (IC95) 57,3-92,2) à 3 mois et à 54,9 % (IC95 38,1-79,1) à 6 mois.

A la semaine 6, les taux de réponse clinique, de rémission clinique et de rémission clinique sans corticoïdes étaient respectivement de 57,7%, 46,2%, 30,8%.

Un patient de 81 ans aux antécédents de diabète et de broncho-pneumopathie chronique obstructive est décédé d’un choc septique en post-opératoire (J17) de la colectomie. Le tofacitinib avait été pris pour une durée totale de 7 jours et interrompu 19 jours avant la colectomie. Aucune complication thromboembolique n’a été observée. Aucun zona ni infection opportuniste n’ont été rapportés.

Discussion

Conclusion

Le tofacitinib apparaît comme une option thérapeutique envisageable chez les patients hospitalisés pour une poussée sévère de RCH après échec de plusieurs lignes de biothérapies. Des études prospectives sont maintenant nécessaires pour valider cette molécule et la positionner par rapport aux traitements actuels.

Remerciements